Antônio Carlos Jobim
1927-1994

du catégories de musique


- Faites-vous une distinction entre votre musique et la musique classique ?

- Non, pas la moindre, mais la différence existe (il rit). Je ne fais pas cette distinction.

- La musique peut être belle et très riche sans être classique.

- Oui, bien sûr. Des musiques comme les valses de Chopin étaient de la musique populaire, les mazurkas et tout ça... Mais elles avaient une certaine classe. Elle l'avaient certainement. Je ne fais pas de distinction entre populaire et classique. On peut faire une distinction entre la musique populaire, folk, classique, érudite, moderne... Je pense que de telles distinctions ne servent à rien. Elles n'ont pas de signification.
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Interview donnée en 1981, rééditée sur le DVD « Tom Jobim ao vivo em Montreal », Biscoito Fino 2006.

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Koellreutter était un homme bon, et il était très strict. Il m'a appris beaucoup de choses pratiques, il m'a appris les rudiments de ce truc à douze sons, vous savez, une musique qui n'est pas tonale, qui n'a pas une tonalité de base, et utilise toutes les douze notes du piano. Un jour je dînais avec Koellreutter à la Plataforma et je l'ai taquiné : 'Alors, tu utilises toujours les douze sons?' Il a dit : 'Bien sûr, et toi ?' Eh bien, j'ai dit, j'en utilise trente-cinq maintenant, toutes les notes de la musique classique. Les sept touches blanches, les sept bémols, les sept doubles-bémols, les sept dièses, les sept doubles-dièses. Donc ça vous donne sept fois cinq, trente-cinq sons que vous pouvez écrire sur la portée. Il ne peut en utiliser que douze, c'est très limité.
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Cancioneiro Jobim vol. 1, pages 30.